10 novembre 2009
Rencontre avec Julien Dray

Depuis décembre 2008, Julien Dray, député de l’Essonne et fondateur de SOS RACISME fait l’objet d’une enquête préliminaire pour abus de confiance. Le Parquet se prononcera avant le mois de décembre sur cette affaire.
Récusant cette malversation, il dénonce dans un ouvrage « L’épreuve » la violence d’une cabale journalistique et politique menée contre lui.
Je suis allée l’interviewer.
1 Votre livre doit-il être considéré comme une revanche ? Une contre-attaque ?
Je n’ai pas un esprit de revanche. Je ne cherche pas à régler des comptes. Ce livre est un coup de colère qui s’est imposé à moi après la sortie du rapport d’enquête de TRACFIN, la cellule anti-blanchiment du Ministère des finances, en janvier dernier (et après l’enquête qu’il a déclenché), qui a fait de moi la victime d’une campagne de calomnie. Cet ouvrage me permet de rétablir la vérité sur certains faits.
Vous dénoncez dans votre livre la spirale médiatique qui s’attribue un rôle confus et dangereux de docteur en moral et de justice bis ? Êtes-vous favorable à un comité de déontologie des journalistes ?
Je ne méprise pas les journalistes. On a besoin de leur travail. D’ailleurs, dans cette affaire, certains ont défendu avec honneur leur métier et ont été capables de prendre des positions à contre courant : les différents éditos de Jean-Michel Apathie, ou encore de l’Express, ont courageusement avancé, au mois de mai, que le personnage n’était pas celui que l’on essayait de nous vendre dans la presse…
Certains journalistes de télévision ont également refusé de participer à la curée. Je ne vise pas l’ensemble des journalistes. Je pense qu’il faut prendre ses responsabilités et dire ce que l’on pense de l’évolution sensationnaliste de la presse, du recours aux rumeurs et aux cancans. D’ailleurs, il y a une pratique qui m’horripile, c’est le recours à des confidences d’anonymes : c’est devenu une technique journalistique insupportable !
Je suis favorable à un code de déontologie, d’ailleurs ce code va être adjoint à la Convention Collective des Journalistes. Tout ce que je dénonce est repris mot à mot dans ce code : respect de la vie privée, de la présomption d’innocence, vérification des sources, prudence dans les accusations personnelles.
Le détonateur de cette affaire, c’est la publication dans l’Est Républicain d’un rapport confidentiel dont je dis qu’il est faux et truqué.
À partir de là, ce rapport est pris comme une vérité par d’autres journalistes : Le Point, Le Monde et Libération en reprennent les dires sans aucune vérification.
Quinze jours après la publication de ce faux rapport, le syndicat des journalistes de l’Est Républicain fait une lettre ouverte à sa direction et dénonce les méthodes et le voyeurisme extrêmement dangereux utilisé : cette lettre est passée inaperçue…
Déplorez-vous le manque de soutien de votre famille politique ?
Ce que l’on me fait payer, c’est un fonctionnement atypique par rapport à la norme, car je me suis toujours intéressé à ce qu’il se passait dans la société : je me suis investi aux côtés des syndicats et des associations et j’ai été une passerelle entre les jeunes et le PS pour qu’ils y prennent des responsabilités.
Je suis un personnage remuant qui a toujours refusé de faire partie de la caste, et la dernière touche a été ma candidature au poste de premier Secrétaire. Je voulais sauver le PS, lui éviter la crise actuelle. J’ai essayé d’expliquer cela aux militants dans des réunions d’appartement, et pendant ce temps-là, d’autres s’apprêtaient à me régler mon compte...La calomnie, la délation ne font pas partie de mon combat, mais visiblement, ce n’est pas le cas pour tout le monde…
Comment envisagez-vous l’avenir ?
Chaque matin en me levant, je me pose la question sur mon avenir : aujourd’hui je me concentre sur la défense de mon intégrité. Je continue à travailler avec mes amis, ceux qui sont restés à mes côtés… j’essaye de reprendre pied dans le débat politique…
Concernant les régionales en Ile de France, tout le monde s’accorde à dire que j’ai fait du bon travail : je pense avoir toute ma place aux côtés de Jean-Paul Huchon dont j’estime qu’il a été bon président de région.
La position que j’ai défendue à la région compte en matière d’intégration et de lutte contre les discriminations : ce serait dommage de se priver de ces combats.
Propos recueillis par Najwa EL HAITE, Présidente de SOS RACISME Haute-Normandie
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03 novembre 2009
Jean-François Derec et SOS Racisme Haute Normandie…Même combat !
Vendredi prochain, 6 novembre, l’humoriste Jean-François Derec participera à une conférence de presse aux côtés du comité régional et des comités locaux de SOS Racisme. Cette conférence de presse se tiendra dès 15H30 au restaurant le Vieux Carré, au 34 rue Ganterie à Rouen.
« Le jour où j’ai appris que j’étais juif », c’est le titre du livre dans lequel Jean-François Derec raconte non seulement la découverte de son appartenance à la communauté juive, mais également dans le même temps subit les premières brimades et menaces qui ont ensuite (encore !!) morcelé son parcours personnel et professionnel.
C’est pour ces raisons (et d’autres, exprimées notamment dans son livre) que l’acteur-humoriste a accepté d’être le parrain du comité régional haut-normand de SOS Racisme, comité qui saisira l’occasion pour annoncer un ensemble d’actions qui vont être très prochainement montées sur les villes du Havre, de Dieppe, d’Evreux et de Rouen.
D’autres personnalités du monde sportif, culturel, politique sont d’ores et déjà annoncés (pressenties !) pour apporter leur concours aux actions de SOS Racisme Haute Normandie ; actions en direction de toutes celles et tous ceux qui souffrent de la discrimination…à l’embauche, dans leur vie professionnelle, à l’entrée en discothèque, sur les terrains et parquets de sports…dans leur vie de tous les jours.
23:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-françois derec, racisme, sos racisme
02 novembre 2009
Paris Normandie du 31 octobre
Elle se bat pour plus d'égalité
POLITIQUE.La nouvelle présidente régionale de SOS Racisme va lancer des actions pour lutter contre toutes les discriminations. En ligne de mire : l'emploi dans certains secteurs.
Elle va appeler Fadela Amara. « Nous nous connaissons bien, du temps où nous étions à Ni putes Ni soumises », explique Najwa El Haïté Confaits.
La jeune femme, élue socialiste au Havre et toute nouvelle présidente régionale de SOS Racisme, veut reprendre contact avec la secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville pour une raison simple : les deux femmes, symboles d'une intégration parfaitement réussie, partagent une « indignation » commune, qui, l'an dernier, avait fait sortir de ses gonds, au Havre, la secrétaire d'Etat lorsqu'elle avait découvert - « et je la crois sincère », dit Najwa El Haïté Confaits - l'impossibilité pour les jeunes issus de l'immigration d'aller travailler sur le port.
Face à cette situation « totalement insupportable », Najwa El Haïté Confaits ne veut pas rester inactive. « La Haute-Normandie va servir de région test pour SOS Racisme, explique-t-elle. Nous allons lancer le dispositif « Ça va être possible » qui consiste à faire signer des conventions entre les collectivités, les entreprises ou les établissements publics, SOS Racisme et un jeune. » Le but : donner un maximum de chances aux jeunes d'échapper à « la discrimination », qu'elle soit raciale ou géographique. « Il y a aussi des jeunes qui portent des prénoms français et qui ne sont pas embauchés parce qu'ils n'habitent pas à la bonne adresse. Nous menons le combat pour tout le monde ! », précise la présidente de SOS Racisme en Haute-Normandie.
Dans le dispositif prévu, les entreprises et les collectivités pourraient verser des aides à l'association dans le but de pouvoir disposer d'une permanence chargée de recueillir les CV et de les adresser, ensuite, aux entreprises ou collectivités « qui doivent être des modèles ». « Les jeunes doivent être embauchés sur leurs compétences et non sur leur nom », souligne Najwa El Haïté Confaits. A ce jour, la présidente de SOS Racisme a commencé ses démarches et rencontré le directeur du port du Havre pour avancer sur le dossier. « Il est très intéressé », dit-elle, consciente que le plus difficile sera de faire bouger les « traditions » et rompre une omerta, à laquelle Fadela Amara avait pourtant promis de s'attaquer.
Lutter contre le racisme et l'intolérance, c'est le but que s'est fixé la jeune femme. A Rouen, au Havre, Dieppe et Evreux, les bénévoles de SOS Racisme vont également engager plusieurs autres actions. « En janvier, explique-t-elle, nous allons intervenir dans les collèges, puis nous lancerons Touche pas à mon foot dans les clubs. C'est souvent sur le terrain que l'on entend des choses incroyables. Pour cela, nous allons mobiliser les joueurs et les dirigeants. » La présidente haut-normande de SOS Racisme compte ainsi faire appel à l'ancien jouer professionnel Vikash Dhorasoo pour faire passer son message auprès du monde sportif.
STephane siret
« Nous menons le combat pour tout le monde »
Article paru le : 31 octobre 2009
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