11 avril 2007

La députée de l'école pour tous.

medium_educ1.jpgLa semaine dernière j'assistais à un forum sur l'éducation, vous trouverez ci-dessous mon intervention:

Près de 15% des élèves de 3ème de la 8ème circonscription sont en retard dans leur scolarité (au moins un redoublement, bien souvent plus), alors que ce taux est de 7% sur l’ensemble de la ville du Havre, toujours dans la 8ème circonscription, on dénombre 62 cas d’absentéisme régulier pour 1000 élèves, chiffre qui tombe à 14 pour 1000 sur l’ensemble de la commune du Havre, les taux d’illettrisme, de décrochage scolaire, de chômage des jeunes y sont beaucoup plus élevés que dans le reste du territoire.

Telle est la réalité des chiffres.

Au regard de cette situation, on comprend mieux les enjeux, les défis qui se profilent devant nous. Ces enjeux, ces défis pourraient se résumer ainsi : Comment traduire dans les faits la nécessaire égalité des chances pour tous les jeunes, l’indispensable droit à l’éducation, à la formation et au premier emploi pour tous ?

Et si tout passait par la formation et l’éducation ? Si l’on se remettait à croire que grâce à une action forte dans ces domaines nous pourrons tout changer ?

Moi j’y crois.

Or, le constat terrible que je dresse aujourd’hui est le suivant : notre système éducatif est malade car il devient un véritable pourvoyeur d’inégalités.

Pourquoi ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Où sont passées les valeurs de l’école de la République ?

La situation est aujourd’hui dramatique parce que l’éducation nationale est considérée par le Gouvernement de droite, comme accessoire. L’éducation nationale n’est plus une priorité. Depuis 2002, aucune ambition, aucun moyen, ni humain, ni matériel. La droite au Gouvernement ne parle d’éducation que pour annoncer des fermetures de classes. Pour la rentrée 2007, le Gouvernement a d’ores et déjà annoncé de nombreuses suppressions, Le Havre n’y échappe pas.

Alors oui les conséquences sont désastreuses : 150 000 élèves qui sortent du système scolaire chaque année sans qualification, 150 000 ! Vous ajoutez à cela des professeurs qui se sentent dévalorisés ou insuffisamment formés face à certaines situations difficiles qu’ils ne peuvent pas maîtriser, des parents complètement exclus du système, des conditions d’enseignement indigne, une absence totale de cohérence dans l’orientation des élèves, une inadéquation des programmes scolaires… Oui la France est le mauvais élève de la classe européenne. Un professeur dirait : Peut mieux faire, gâche son potentiel.

Oui, il y a aujourd’hui en France, une éducation à plusieurs vitesses. Demain si la droite est élue, elle accentuera les différences, elle réservera les meilleures conditions d’enseignement à ceux qui auront les moyens de se les payer. C’est la fin de l’école pour tous.

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Comme je vous le disais, tout est une question de moyens. Des moyens qui ne sont pas donnés actuellement ! Aujourd’hui, le gouvernement nous propose les classes ambition-réussite pour les ZUP : ne nous cachons pas la vérité : c’est un os à ronger pour les quartiers difficiles. Il ne s’agit là que de poudre aux yeux. Pas d’ambition, pas de vision à long terme. C’est dramatique, c’est révoltant, c’est triste.

Pourtant, une autre voie, un autre avenir est possible.

Ce que le PS  vous propose, ce que je vous propose pour demain, ce n’est pas de faire table rase de ce qui existe mais d’améliorer les choses et de redonner à l’éducation les moyens de tenir le rôle qu’elle n’aurait jamais dû perdre: être une école formatrice, une école de la réussite, au service des parents et des enfants !

Oui, construire ensemble l’école de demain pour tous, ce n’est pas une hypothèse, ce n’est pas une éventualité, c’est une nécessité. Pour traduire dans les faits cette nécessité, nous devons être à la hauteur des attentes.

D’abord en reconnaissant la mission fondamentale des enseignants.

Améliorer les conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance des missions d’éducation et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire dans l’éducation nationale (je pense notamment aux TOS, animateurs, intervenants extérieurs, tous ces acteurs qui font la vie éducative), voilà un préalable indispensable.

En s’attaquant à l’échec scolaire dès le plus jeune âge. Il s’agit là de mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Par ailleurs, il est indispensable d’assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.

Nous nous devons d’assurer l’égalité scolaire républicaine. En organisant le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves, en limitant à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1, dans toutes les ZEP, en révisant la carte scolaire pour en finir avec les ghettos scolaires, en implantant des classes préparatoire aux grandes écoles dans les quartiers, en créant des emplois-parents dans les écoles primaires, nous assurerons cette égalité, élément indispensable à la réussite de nos jeunes.

Enfin, nous devons donner à notre Université les moyens de l’excellence. Excellence en créant un service public ce l’orientation, en créant une allocation autonomie pour les jeunes, en soutenant la recherche publique qui a été laminée par cinq années d’oubli.

Oui, il est temps de redonner à l’éducation nationale ses lettres de noblesse. Il est temps de lui redonner son statut de pilier de notre société. Il est temps de rendre l’espoir à tous ces jeunes qui sont l’avenir, à tous ces étudiants qui incarnent la relève.

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Pour conclure, je dirais que notre éducation, notre système de formation doivent être animés par des valeurs qui répondent aux attentes des jeunes.

Valeur de la proximité d’abord. Nos jeunes doivent pouvoir se former au plus près de chez eux, sans être obligé de galérer dans les transports.

Respect de l’individu et de ses choix ensuite. Chaque élève, chaque étudiant a des rêves, des envies. Nous devons les écouter et ne pas imposer telle ou telle orientation non désirée. Pour ceux qui hésitent, nous devons faire naître des vocations, susciter des projets. C’est là toute la raison d’être d’une orientation personnalisée.

Enfin valeurs de solidarité et d’égalité, pour que l’école joue pleinement son rôle d’intégration et d’ascenseur social.

Voilà à mon sens, les valeurs qui doivent guider l’école de demain. L’école de tous, l’école pour tous.

Merci de votre attention.

 

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