03 avril 2009

De retour avec vous.

De nombreux mois se sont écoulés depuis le dernier article sur ce BLOG. Depuis, je n’ai jamais abandonné le terrain, je suis restée à vos côtés, et j’ai décidé, en complément de mon action au quotidien, de réactiver ce BLOG. A la fois pour vous permettre de suivre mon actualité, mais aussi et surtout pour vous offrir un espace de débat, de réflexion, de partage. Ainsi, pour débuter vous trouverez une de mes dernières interventions au Conseil Municipal du Havre. Bonne lecture et à bientôt…

 

Les jeunes de 16 à 25 ans sont les premiers touchés par la crise. Ils n’ont vu aucune amélioration de leur situation.

 

Où sont les promesses de Nicolas Sarkozy ?

Où sont les engagements des patrons ?

Où en est le fameux plan Marshall dit « plan espoir banlieues » présenté par Fadela Amara en juin dernier, ici même, dans notre ville ?

 

La situation peut s’avérer explosive. Hormis un effondrement des missions d’intérim, les jeunes n’ont rien vu venir et ne voient toujours rien arriver en matière d’emploi.

 

Le gouvernement redoute plus que jamais un embrasement de la jeunesse.

Pour une fois, il n’a pas tort. Mais il ne choisit pas les meilleurs remèdes.

 

En effet, on peut constater que le gouvernement de M. Sarkozy s’éparpille sur ce dossier important comme sur bien d’autres d’ailleurs. Pour exemple, la coordination entre les cabinets de Fadela Amara et de Laurent Wauquier n’était déjà pas simple. Maintenant avec les nouvelles nominations : un commissaire à la diversité et un Haut commissaire à la jeunesse, le partage des tâches s’annonce encore plus sportif. Cela va encore nous amener à des successions de plans, un empilement de dispositifs, et comme toujours des responsabilités diluées….

 

Depuis les émeutes de 2005, on entend que des discours, de beaux discours… relayés d’ailleurs par certains de nos élus locaux. Je vous l’accorde, Mme Cahierre, les grandes entreprises citoyennes, solidaires et responsables additionnent les chartes, les codes de bonne conduite mais à côté de cela, les résultats, eux, se font attendre : les jeunes se sentent toujours autant isolés et exclus de l’emploi (voire chiffres de la HALDE).

 

D’ailleurs, où en est-on au Havre du contrat d’autonomie qui doit mettre en relation des jeunes de 16 à 25 ans, habitant dans des quartiers dits prioritaires « politique de la ville » avec les entreprises ?

 

Sur ce contrat d’autonomie jeune, nous pensons que vitesse et précipitation ont été les seules règles dans sa mise en place.

 

Pourquoi n’avoir pas attendu la conclusion des premiers travaux de réflexion du grenelle de l’insertion ? Pourquoi n’avoir pas réalisé une évaluation de l’accompagnement des jeunes issus des ZUS par les professionnels du réseau Mission locale (ML) et Permanence d’accueil, d’information et d’orientation (PAIO) ? En effet, au moment où les finances publiques sont au plus mal, où le gouvernement à travers une réforme générale des politiques publiques néfaste pour les services publics, cherche à faire des économies, comment peut-il engager 250 millions d’euros sans avoir réalisé un état des lieux de l’existant ?

 

Non seulement les Missions Locales sont ignorées dans ce dispositif en tant que structures reconnues pour accompagner l’insertion professionnelle des jeunes mais encore elles devront porter appui à des opérateurs privés chargés eux de se rapprocher d’une part, des entreprises pour évaluer leurs besoins et d’autre part, des jeunes en les formant et en les coachant. Il faut quand même le rappeler chacune des actions de ces opérateurs privés sont déjà réalisées par les ML/PAIO. Il suffisait simplement de les améliorer et de les harmoniser.

 

En conclusion, nous pensons donc que le contrat d’autonomie jeune a été lancé à l’aveuglette sans évaluation de l’existant, sans concertation avec les acteurs territoriaux (Région, Département, communes), en ignorant l’existence et la riche expérience des missions locales dans ce domaine et en favorisant tout simplement à un coût élevé, sans garantie de résultat, des financements publics en faveur de groupes privés. Sur ce dernier point d’ailleurs, ne sommes nous pas, tout simplement, en train d’assister à une privatisation de la politique publique de l’emploi des jeunes ?

 

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